Fallout 2 – Episode 15

La nuit était tombée et nous étions en train de préparer notre campement. L’absence de nuages nous permettait d’admirer les étoiles, comme je le faisais presque tous les soirs quand j’étais petite au village d’Arroyo. Si je ne m’étais pas trompée en regardant la carte, nous étions censés rejoindre la Fosse le lendemain matin.
« C’était sympa Modoc, dit Vic en train de touiller le feu.
-Ouais…
-Mon moment préféré je crois, c’est quand Loulou a soigné cette vache, Bessy, qui nous a suivi pendant quelques temps après, ajouta t’il. »
C’était vrai, j’avais vu cette pauvre Brahmine avec une épine dans la patte, et après l’avoir soignée elle ne nous quitta plus, ce qui porta notre nombre à 8.

Nous avions été engagés par le jardinier de Modoc car des rats étaient en train de ruiner sa culture de chanvre, et ça je ne pouvais pas le permettre. Alors nous avions pris nos armes et chaussé nos bottes cramponnées pour réduire ces saletés en bouillie et en faire de l’engrais.

« Ouais le coup de la vache c’était pas mal, continua Cassidy. Mais moi j’ai préféré quand on a fait péter les chiottes et qu’on a tout recouvert de merde. On a failli y rester. Le reste c’était déprimant en fait. »
Effectivement, nous enquêtions sur une sombre affaire : un monsieur de plus de cinquante ans affirmait qu’il avait raté sa vie puisqu’il avait perdu sa Rolaykse et nous supplia de la lui retrouver. Le hasard voulu que je place une charge explosive sous les toilettes du village, ce qui provoqua la projection de matière fécale vers l’infini et au-delà, probablement jusqu’à La Fosse. Pour la petite histoire, c’était un rat géant qui avait subtilisé le bijou et le conservait jalousement dans sa tanière nauséabonde.

« Toi avoir goût de chiottes, ajouta Sulik entre deux bouchées de sa saucisse grillée, meilleur moment avoir été visite de ferme de Karl. Crânes au bout de piques rappeler joli petit village de Sulik.
Jo, le maire, m’avait affirmé savoir où trouver un Jek. En échange de cette information il me suffisait d’enquêter sur cette histoire de ferme hantée. En arrivant sur place nous découvrîmes une scène des plus macabres, puisque le sol était recouvert de sang et d’os, et de nombreux cadavres embrochés faisaient office de girouettes. Cependant, un bref examen des corps nous apprit que c’étaient là seulement des mannequins recouverts de boyaux de brahmines. Tout ceci était donc une terrible mise en scène.

« Et toi Lenny, c’est quoi que t’as kiffé ? Demanda Vic.
-Moi j’ai bien aimé quand on est tombés sur les Slags.
-Ah oui c’était cool, ils nous ont braqués. T’as des goûts bizarres. Remarque, pour un Goule…
-Oui c’est vrai, mais c’était la première fois que je voyais d’autres Goules en dehors de Gecko, alors c’était un peu comme si javais été à la maison… »
Les Slags étaient ceux qui avaient orchestré toute la mise en scène autour de la ferme pour faire fuir les villageois. En effet, c’était une petite communauté qui vivait sous terre depuis la Grande Guerre, et plusieurs dizaines d’années de vie troglodyte et de croisements consanguins les avaient rendus très sensibles au soleil. Nous nous sommes acquittés d’une mission pour eux : rétablir le contact avec Modoc autrement qu’en leur jetant au visage des viscères de brahmines. Je dois dire que ça a porté ces fruits et que la paix est maintenant rétablie. Par contre je m’étais fait avoir, car il n’y avait pas de JEK dans la région… Il faudrait que je me montre plus prudente à l’avenir.

Pour ma part mon moment préféré ça a été quand nous sommes descendus dans le puits sur la place du village, parce que j’ai pu utiliser une corde. C’était un grand moment, je me voyais déjà à la place de Sainte Loulou, descendant dans les profondeurs insondables du Rayon. Certes, les profondeurs du puits se révélèrent bien plus sondables et nous ne trouvâmes pas grand chose de passionnant, juste un vieux cadavre tout séché et quelques pièces d’or…

Nous restâmes en silence, savourant notre maigre pitance sous le dôme étoilé de la nuit. Dans un coin, le Chien rongeait un os. J’aurais bien été en peine de dire où il l’avait dégotté, car nous ne lui donnions pas à manger, espérant qu’il finirait par mourir de faim. Quant à Miria… Eh bien elle était collée à moi et contemplait d’un air béat chacune de mes bouchées comme on admire un coucher de soleil. Cela commençait d’ailleurs à poser problème, car non seulement elle me gênait dans mes déplacements mais en plus je sentais que son attitude déconcentrait les autres. L’autre jour Vic avait failli se tirer dans le pied quand il avait surpris Miria m’embrasser à l’improviste.

Le jour suivant nous étions de retour à la Fosse, qui n’avait gère changé depuis notre dernière visite, si ce n’est la quantité de poivrots occupant les caniveaux qui allait grandissant.
Au détour d’un bâtiment crasseux nous croisâmes un monsieur habillé de manière fort élégante et qui me fit de grands signes en m’apercevant. Il s’avéra que c’était un pauvre bougre sans le sous que j’avais dépanné de quelques caps lors de ma première visite, et qui était entre temps devenu richissime. Il me remercia en me donnant 2000$.
« Tu vois Sulik, j’ai récolté ce que j’ai semé. Tu t’étais moqué de moi à l’époque je m’en souviens très bien, dis-je.
-Peuh, Seule graine que Sulik planter, mettre neuf mois à éclore, haha ! »

Lors de nos pérégrinations vers l’Est j’avais récupéré tout un tas de babioles mécaniques et électroniques, alors j’apportai tout ça au mécanicien qui me préparait une voiture.


Quelques heures plus tard le véhicule était prêt. Tremblante, je m’installai au volant.
« J’ai aucune idée de comment on conduit cette machine, dis-je.
-C’est facile, me dit le mécanicien, je vais t’aider. Mets ton pied droit sur la pédale là. Voilà. Ça c’est l’accélérateur. L’autre pédale c’est le frein. Écarte un peu plus les jambes…
-Comme ça ?
-Très bien. Maintenant mets ta main sur le manche là… Prends le bout à pleine main. T’as vu comme c’est doux ?
-C’est vrai.
-Voilà, maintenant tire doucement…
-C’EST FINI OUI ??!! Cria Miria
-Oh ça va, si on peut même plus rigoler…
-Bon, nous partons pour Redding. Vous connaissez une route pour y aller monsieur le mécanicien ?
-En fait y a pas de route.
-Ah. Ce n’est pas grave. Là où on va, on a pas besoin de route. »
Je fis démarrer le moteur et après avoir fait hurler l’embrayage, je calai.

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